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Réflexions à propos de l’Open Gaming Licence

7 février 2016

Wizard of the Coast est une entreprise éditrice de jeux. Les jeux les plus connus sont Magic: the gathering et Dongeons & Dragons, le premier jeu de rôle publié. La cinquième édition de Dongeons & Dragons vient d’être publiée. Une partie des règles, le System Reference Document 5.0 (SRD5), est publiée à part, sous une licence qu’ils ont créée en 2000 : « Open Gaming License » (OGL).

Le SRD5 contient les caractéristiques des classes de personnages et de monstres. Elle ne contient donc que des mécaniques de jeu, pas l’univers ou les personnages créés pour Dongeons & Dragons 5. Cela ressemble un peu à ce que font des éditeurs de jeu propriétaires qui libèrent le moteur mais pas les modèles et les textures inclus dans le jeu. Par exemple idSoftware le fait depuis longtemps avec les moteurs successifs de Doom, Quake, etc.

Comparaison avec le logiciel libre

Si on compare les libertés garanties par les licences considérées comme libres en informatique, il est nécessaire d’adapter les 4 libertés du logiciel libre à l’équivalent pour l’OGL :

  • la liberté d’exécuter le programme, quelque soit l’usage. Dans le cas de l’OGL, cela reviendrait à considérer que le contenu est utilisable pour n’importe quel jeu, univers, etc., quelque soit le support.
  • la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue n’importe quelle tâche informatique ; dans le cas de l’OGL, cela serait la liberté de modifier n’importe quelle règle.
  • la liberté de redistribuer des copies ; cette liberté ne nécessite pas d’aptatation pour s’appliquer à l’OGL.
  • la liberté de distribuer à n’importe qui des copies de versions modifiées ; cette liberté ne nécessite pas d’aptatation pour s’appliquer à l’OGL.

Pour les deux dernières libertés, l’accès au code source est une condition nécessaire. Dans le cas de SRD5, le texte est fourni au format pdf. L’origine du .pdf semble être un fichier .docx qu’il faudrait fournir (on peut l’assimiler au code source car c’est le fichier qui a permis de produire le fichier pdf). Je n’ai pas cherché s’il est disponible.

La licence commence par

Permission to copy, modify and distribute the files collectively known as the System Reference Document 5.0 (“SRD5”)

Ce qui sont les libertés requises de copie et de modification et de redistribution. Cependant, il faut lire la licence dans les détails pour savoir si qui est réellement permis et ce qui est interdit. Un epu plus loin, la définition g indique :

« Use », « Used » or « Using » means to use, Distribute, copy, edit, format, modify, translate and otherwise create Derivative Material of Open Game Content.

Le terme « use » recouvre l’équivalent des 3 premières libertés, la quatrième y est implicite.

Quelques détails

– Il est obligatoire de fournir la licence (clause 2 et 10) :

You must affix such a notice to any Open Game Content that you Use. (clause 2)

You MUST include a copy of this License with every copy of the Open Game Content You Distribute. (clause 10)

C’est une obligation classique que l’on retrouve dans les licences libres.

– Il est interdit de modifier la licence (clause 2) :

No terms may be added to or subtracted from this License except as described by the License itself. No other terms or conditions may be applied to any Open Game Content distributed using this License.

C’est une obligation classique que l’on retrouve dans les licences libres. En cas de modification, il faut donner un autre nom à la licence créée. Cela évite les confusions et il est possible de connaître les droits et obligations de la licence simplement en connaissant son nom.

– Si une nouvelle version de la licence est publiée, n’importe laquelle reste valide pour les utilisateurs.

You may use any authorized version of this License to copy, modify and distribute any Open Game Content originally distributed under any version of this License.

Cela provoque une incertitude quand aux choix futurs de Wizards of the Coast : l’évolution future des termes de la licence est inconnue et étant donné que n’importe quelle version de la licence peut être valide, les utilisateurs de l’OGL sont dans le flou. La General Public Licence propose de mettre la version pour laquelle le détenteur du droit d’auteur accepte (par exemple, version 2, version 2 et plus, version 3, version 3 et plus, etc.) que l’utilisateur utilise pour son usage, modification, etc. L’équivalent pour l’OGL ne serait pas « 1.0a et plus », car elle n’empêche pas non plus de prendre une plus ancienne.

– Le respect de l’ensemble des obligations de la licence est obligatoire (clause 3). C’est une obligation classique que l’on retrouve dans les licences libres. En cas de non respect, les droits octroyés par la licence s’arrêtent (clause 13).

– Il est possible de commercialiser une version modifiée ou non. L’interdiction de commercialisation rendrait la licence non-libre selon les critères du secteur informatique. Aucune clause de l’OGL n’interdit un usage commercial. La clause 11 interdit l’usage du nom des autres contributeurs pour la commercialisation, sauf autorisation expresse :

You may not market…using the name of any Contributor[…]

Cependant, on peut lire sur toutes les pages dans le pied de page du document :

Not for resale. Permission granted to print or photocopy this document for personal use only.

Cette mention ne me semble pas correcte avec la licence.

– L’OGL porte une attention particulière à la protection des éléments qui ne sont pas sous OGL. Les parties sous OGL doivent être clairement définis (clause 8). Il est interdit d’utiliser le nom des contributeurs sans leur autorisation expresse (clause 11). Il est interdit de faire référence aux noms protégés (clause 7), sauf autorisation expresse du détenteur des droits sur les noms. Il semble évident que Wizard of the Coast a voulu empêcher des concurrents potentiels de réutiliser les termes connus et l’univers de D&D pour éviter toute concurrence sur ce terrain.

Versions et exclusion de garantie

La version utilisée pour SRD5 vers la 1.0a.

Si jamais le SRD5 disparaît du site officiel, il reste téléchargeable à http://stephane.yaal.fr/licence_ogl_dd/SRD-OGL_V1.1.pdf. Le licence est placée sur les deux premières pages du document.

Je ne suis pas juriste, donc si vous voulez être plus rassuré, payez-en un pour qu’il lise le texte mieux que moi.

From → Autre

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